Violences psychologiques dans le couple, le mal silencieux et invisible.

violence verbale

J’ai longtemps hésité à sortir ma plume pour aborder le sujet. Parce que cela m’oblige à me mettre à nu. Mais il y a trop de femmes, d’enfants et même d’hommes parfois, qui souffrent de ce mal silencieux, invisible, incompris et impossible à prouver.

Il y a trop de douleur et de détresse derrière ces agissements qui détruisent doucement mais sûrement ceux qui en sont victimes.

Il y a trop de honte et de culpabilité.

 

Alors je vais témoigner. Pour me libérer. Pour être comprise. En espérant que peut-être, en lisant ces lignes, d’autres comprendront ce que vivent leurs proches, victimes de ces violences. Qu’une victime se reconnaîtra et qu’elle pourra elle aussi faire un pas vers la sortie de ce cauchemar.

 

C’est d’abord un être charmant que vous rencontrez. Il séduit tout son entourage, parle bien, se vend bien.

Peu à peu dans la sphère privée les choses changent. Insultes, paroles dégradantes, critiques incessantes.

Chaque jour, pendant des années.

Mais ce n’est pas de sa faute. C’est vous le problème.

Si vous faisiez un effort il ne vous parlerait pas aussi mal. Il ne serait pas obligé de vous faire des remarques.

Vous êtes entre les mains de ce que les psys appellent un pervers narcissique.

Vous cuisinez mal, vous habillez mal, vous occupez mal de vos enfants, vous occupez mal de votre maison, vous occupez mal de lui.

Vous travaillez mal, trop, pas assez.

C’est vous la cause de votre malheur.

Peu à peu vous en êtes convaincue. Vous ne valez rien, jamais rien de ce que vous faites ne trouve grâce à ses yeux.

C’est de votre faute, vous n’avez qu’à changer.

Vous essayez de changer, de comprendre. Mais rien ne bouge. Chaque jour vous entendez les mêmes paroles, chaque jour vous êtes un peu plus persuadée que vous êtes une sous-personne, qu’il est bien bon de rester avec vous, qui ne valez rien.

Vous ne le méritez pas.

Rassurez-vous, il ne partira pas. Il a trouvé une victime.

Il a besoin de vous dominer, de vous placer en sujet inférieur pour se sentir exister.

Il souffle le chaud pour mieux souffler le froid. Il alterne les paroles humiliantes, rabaissantes, avec les grandes déclarations. Ne voyez-vous pas qu’il vous aime puisqu’il reste avec vous malgré tout ?

Si vous avez des enfants c’est pire, si vous partez vous le détruirez et détruirez votre famille.

Tout est de votre faute et tout sera de votre faute.

Vous avez l’impression d’avancer à tâtons dans un tunnel sombre. Jamais vous ne voyez la sortie. Vous ne contrôlez plus rien, votre vie vous échappe. Vous vous enfoncez peu à peu dans la dépression. Voyez, vous ne faites aucun effort, vous devriez arrêter de pleurnicher et vous prendre en main… Votre mal-être le nourrit.

Vous ne comprenez pas d’où vient le mal. On vous a dit que cela venait de vous. Mais malgré tous vos efforts rien ne change.

Votre corps commence à vous parler. Vous somatisez votre douleur.

Partir ? Pourquoi ? Le problème vient de vous, il vous suivra. Et puis il sera tellement malheureux si vous le quittez. Il vous aime il vous l’a dit.

Chaque matin vous vous levez avec l’idée de plus en plus présente que votre seule chance d’en sortir est de choisir une fin radicale. Seuls vos enfants vous maintiennent en vie.

Vous n’en parlez pas. Qui pourrait comprendre ? Vous-même vous ne comprenez pas. Vous avez fondé une famille, vous devez montrer que vous êtes heureuse. Et puis de toute façon vous l’avez bien cherché. Vous êtes la cause du mal qui vous ronge. Il vous l’a dit, répété.

Vous avez perdu la plupart de vos amis, votre dignité, l’estime de vous-même. Vous perdez votre santé, votre force, votre volonté de survivre.

 

Et puis un jour, peut-être, vous ouvrez les yeux. La sortie est là, devant, éblouissante de lumière. Vous devez fuir. Mettre le plus de distance possible entre vous et celui qui est devenu votre bourreau.

Ne réfléchissez pas. Partez. Si vous avez des enfants ce sera d’autant plus dur mais aussi d’autant plus facile. Vos enfants vous donnent des ailes, ils ont besoin de vous, pas de la serpillère que vous êtes devenue. Ils vous lieront à tout jamais à cet être que vous devez fuir, mais vous deviendrez plus forte.

Vous comprendrez peu à peu que vous n’êtes pas une mauvaise mère, une mauvaise femme. Que toutes les  paroles que vous avez entendues, qui vous ont hachée menue durant toutes ces années n’ont pas de réalité. Elles n’engagent que lui, elles ne vous concernent pas. Il ne s’agit pas de vous, mais de la personne qu’il a voulu que vous deveniez pour le faire exister.

Soyez prêtes, la bataille pour retrouver votre liberté ne fait que commencer.

Il tentera de vous récupérer. Il ne peut pas vivre sans vous. Fuyez !

Il continuera les critiques, les reproches et les insultes. Vous avez détruit sa vie. Fuyez !

Il utilisera vos enfants pour vous culpabiliser. N’écoutez pas, protégez vos enfants. Fuyez !

Et parlez. Parlez à ceux qui veulent bien entendre. Parlez à ceux qui vous font du bien. Parlez à ceux qui vous valorisent.

Il vous a pris de nombreuses années de votre vie. Laissez-les derrières vous. Seul compte votre avenir. Vous allez refaire connaissance avec vous-même.

Vous ne le méritez pas, vous méritez mieux ! Vous méritez d’être heureuse, vos larmes ont assez coulé pour toute une vie. Vos enfants méritent que vous soyez heureuse.

 

Je remercie infiniment tous ceux qui m’ont soutenue et me soutiennent encore. Je ne citerai pas vos noms afin de ne pas vous exposer. Vous êtes mon roc, ma bouée de sauvetage.

 

 

Si en me dévoilant je réussis à aider ne serait-ce qu’une personne j’aurai le sentiment d’avoir fait mon devoir.

Si vous vous reconnaissez dans ce récit, ne restez pas seule, vous pouvez m’écrire, je répondrai.

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23 réflexions sur “Violences psychologiques dans le couple, le mal silencieux et invisible.

  1. LILY je suis troublée en lisant votre témoignage,une similitude avec ce que ma fille est en en train de vivre avec son compagnon..Elle me dit être malheureuse comme un petit animal apeuré.De plus le couple a un enfant de 3 ans et demi,que puis je faire?

    1. Bonjour,
      Je viens seulement de découvrir votre commentaire (un problème avec les notifications sans doute). Je n’ai malheureusement pas de réponse toute faite ou de solution infaillible à vous proposer. Il faut que la prise de conscience de ce qu’elle vit vienne d’elle-même. Mais vous pouvez lui dire, lui faire lire des témoignages, des articles sur les pervers narcissiques. J’en ai moi-même lu un certain nombre avant de « me réveiller », en me disant à chaque fois que cela n’arrivait qu’aux autres, que mon cas était différent. Mais l’idée a germé peu à peu dans mon cerveau fatigué que peut-être j’avais à faire à quelqu’un de toxique.
      En réalité j’ai pris conscience du fait qu’il était un pervers narcissique après la séparation. Ce qui m’a fait fuir c’est de me rendre compte un jour que non, je ne me sacrifierais plus pour lui ou un idéal de famille unie, j’ai eu comme un sursaut qui m’a fait penser un jour que je ne voulais pas être malheureuse toute ma vie.
      Il faut lui redonner de la force, la valoriser, lui dire qu’elle mérite mieux, contrer une à une les paroles rabaissantes qu’elle peut entendre chez elle. Pour qu’elle retrouve la force de se dire qu’elle a le droit d’être heureuse. Si elle vit avec un pervers narcissique il est inutile qu’elle essaye de trouver un moyen de faire fonctionner son couple. Il la détruira de toute façon. Comme les femmes battues, nous n’avons qu’une voie de sortie, il faut fuir et s’armer (au figuré bien sûr). Si elle en vient à envisager de le quitter elle devra garder toutes les preuves qu’elle peut pour se défendre devant un tribunal pour la garde de son enfant. Je ne veux pas m’étaler sur ce sujet ici, l’audience pour la garde de mon fils a été le plus dur combat que j’ai eu à mener, mais je préfère que les détails restent privés. Si vous souhaitez en parler plus longuement vous pouvez m’écrire à lilyross92@yahoo.fr

      Et surtout, dites lui qu’elle a de la valeur, qu’elle mérite le meilleur, qu’elle est quelqu’un de bien.
      J’espère vous avoir un peu aidée.

      Bon courage.
      Lily

  2. Je découvre ce récit et je le partage tout de suite.
    J’espère qu’il pourra aider d’autres femmes ou hommes dans cette situation.
    Bravo pour ton courage et merci d’avoir partagé cela.

  3. Bonsoir, je découvre votre témoignage… Je lis au travers de vos mots ce que j’ai vécu…. Je voudrais juste rajouter que lorsqu’il y a des enfants, ces personnes n’hésiteront pas un instant à les utiliser pour vous détruire, bien au contraire même. J’apprends à vivre loin de cet être toxique qui a obtenu la garde de notre enfant. Les juges sont parfois « naïfs » et croient ces être qui présente si bien, alors que vous même, vous avez tout à reconstruire.
    Merci de mettre des mots sur ce que l’on peut vivre…

  4. Ces derniers temps je lis beaucoup de ces articles sur les hommes violents (physiquement, verbalement ou psychologiquement) car je me questionne moi-même sur mon couple. Tout ce que je trouve pour l’instant parle des pervers narcissiques… mais dans mon cas, il ne met pas toute la faute sur moi, il est conscient de ses difficultés, c’est-à-dire de ses problèmes d’alcool, de son côté explosif et des paroles blessantes qui m’adresse quand il ne se contrôle plus. Il semble sincère quand il me dit que ça n’arrivera plus, qu’il a fait une prise de conscience, qu’il va tout faire pour s’aider, bla bla bla… mais ça revient toujours après 3-4 semaines. Est-ce qu’il me manipule pour me garder ou alors il est sincère, mais il a des difficultés qu’il a de la misère à gérer… depuis quelques mois, il prend les moyens qu’il faut et ça s’améliore , mais est-ce qu’il en viendra à bout un jour? On dirait qu’une fois certaines problèmes réglés ou en voie de guérison, d’autres apparaissent. Je ne sais plus quoi croire….

  5. J’ai croisée un »e » pervers narcissique et je pense que c’est bien le cas. Ma mère, tout ce qui est écrit ici elle me l’a dit, elle me le dit, elle a essayé de me détruire, j’ai raté pas mal de chose à cause de ça mais pas ma petite famille heureusement. Il n’y avait pas le côté « amoureux » de la relation dans mon cas j’ai pu me détacher plus facilement et faire ma vie aussi ailleurs, contrairement à un couple. Faut penser que ces individus peuvent etre des hommes comme des femmes. C’est un témoignage magnifique, il faut qu’un max de gens prennent conscience que ces individus existent et qu’on peut s’en sortir.

  6. JO
    Merci pour ton témoignage, qui concorde parfaitement a ce que j’ai vécu (sauf les enfants car les miens ne sont plus a la maison) les 5 dernières années. Pervers narcissique sur tout les points. Je suis partit de sa vie depuis un mois et enfin je revis. Aillez pas peur de partir moi ça m’as pris 5 ans a sortir de son emprise , il y a mieux dans la vie que c’est manipulateur narcissique.
    .

  7. Bonjour Lily. Votre texte est cvraiment venue me chercher. Je suis sortit cet hiver d’une relation qui ma detruit pendant 4 ans. Il m’avait couper de mes amis, de ma passion, de mes besoins, desirs. Il avait meme essayer de me couper de ma famille mais, merci a eux, heureusement ma famille a refuser de me lacher. Sa ete vraiment dur. J’ai eu une magnifique fille avec cet homme, ce qui fait que je ne regrette en rien ce que j’ai traverser. Cette relation a faite la femme que je suis aujourd’hui. Parfois, je ressombre un peu, je me dis qu’il a raison, que je suis une pietre mere, une mauvaise fille. Que je ne reussirai rien. Mais j’ai mon nouveau copain, mes amis, mon pere. Et surtout ma fille. Qui me rappel que meme si on est dans la noirceur, on peu y trouver la lumiere. 🙂 Merci.

  8. Je pleure devant votre article… C’est ce que je vis actuellement… Et il commence à manipuler notre aîné… Un vrai cauchemar… Accepteriez-vous d’échanger avec moi sur votre combat que vous avez mené pour vous et votre enfant ? Je vous remercie par avance…

    1. Bonjour Ange.

      Je découvre aujourd’hui votre commentaire, car il doit y avoir unproblème avec les notifications lorsque quelqu’un commente sur mon blog. Je suis navrée de ne pas vous avoir répondu plus tôt. Nous pouvons bien sûr communiquer. Voici mon adresse e-mail : lilyross92@yahoo.fr ou par MP via ma page facebook « Les bavardages de Lily »

  9. Merci. Et aussi bravo d’avoir fui !!
    Je pense que ma mère est une personne « manipulateur pervers », mais ne s’en rend pas compte. Je me demande si cela est « héritable ». Je me sens parfois tellement evenir comme elle, surtout avec les enfants !!..
    C’est troublant, et je m’aperçois que j’ai croisé un autre manipulateur pervers dans le monde professionnel, il m’a détruit car il a fait résonner en moi ce que ma mère avait fait.
    C’est dur.

  10. Merci Lily pour ce témoignage. Mon histoire est mot pour mot la même. J’ai réussi à m’en sortir mais nous avons eus deux magnifiques filles ensemble. Et rester en contact avec lui est un terribles calvaire. Je suis en pleine bataille pour lui enlever la garde alternée. Il commence son processeur de destruction avec mon aînée et je ne le laisserai pas faire !!

    Un livre qui m’avait beaucoup aidée à l’époque est « femme sous emprise » de Marie-France Hirigoyen. Je le conseille vivement !!

    1. Bonjour Cecile,
      Attention avec la justice parce que ce genre de personne peut déployer n’importe quel moyen pour convaincre un juge que le méchant c’est vous!!
      Entourez vous de bons avocats.

  11. Bonjour,
    Je viens de lire votre article.
    J’ai vécu, comme vous, avec un pervers narcissique avec qui j’ai eu 2 enfants. Comme vous aussi, avec l’aide de mes « rocs » j’ai su renaitre et je suis aujourd’hui remariée avec un homme qui ne me juge pas et m’aime pour ce que je suis et non pour ce qu’il peut faire de moi….
    Mais ce pervers existe toujours et il est toujours le père de mes enfants. Il se sert de nos enfants pour entrer dans ma vie et arrive à la perfection à les liguer contre moi! Mon fils, de 9 ans maintenant a de gros soucis de comportement à l’école….
    Est ce que vous avez une recette miracle pour arrêter tout ça?

    Bien à vous,

  12. Bonsoir,
    Tout ce que vous avez écrit, je l’ai vécu pendant 21 ans.
    J’aime dire que j’ai réfléchi longtemps avant de partir mais que je suis vite partie!!
    Longtemps car je ne me sentais « incapable » de partir et vite car je suis partie en 7 jours. J’ai pris la décision un vendredi et signé un bail d’une maison le jeudi suivant.

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